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Paiement fractionné : une opportunité ?

Paiement fractionné : une opportunité ?

Buy Now, Pay later : une opportunité ?

31% des consommateurs français ont effectué des achats en paiement fractionné au cours des 12 derniers mois. Alors que les frais de traitement des paiements traditionnels sur les cartes de crédit sont de 2 à 3%, les frais BNPL sont de 4 à 6%.

Le « BNPL » connaît aujourd’hui une très forte croissance et attire une grande partie des consommateurs. Mais qu’est-ce que le « BNPL » au juste ? Comment un consommateur peut-il utiliser ce moyen de paiement, et surtout, est-ce avantageux pour lui ?

Paiement fractionné : qu’est-ce que c’est ?

Le système Buy Now Pay Later (ou BNPL) s’intègre au site internet du magasin en ligne comme un mode de paiement supplémentaire. C’est au vendeur d’intégrer ce nouveau mode de paiement lors du checkout en faisant appel à une société de BNPL.

Une fois activé, le consommateur peut différer son paiement sans être soumis à une analyse de sa situation financière ou à une approbation d’aucune sorte. Ici tout le monde est gagnant : le consommateur se voit donner un « crédit » immédiat et sans aucun taux d’intérêt, le vendeur voit son panier moyen et son taux de conversion augmenter, et les sociétés de BNPL reçoivent des commissions de la part des vendeurs.

Le BNPL bouscule le secteur du paiement et celui du commerce électronique en raison de sa popularité croissante auprès des consommateurs et des commerçants. Les premiers considèrent la BNPL comme une excellente alternative aux cartes de crédit et les seconds commencent à réaliser les avantages significatifs offerts par cette nouvelle option de paiement.

Avantages :

Pour le consommateur, c’est :

Pour les prestataires de BNPL, c’est :

Un mode de paiement hors cadre

En France, le crédit à la consommation est strictement réglementé depuis 2010, date d’entrée en vigueur de la loi Lagarde . La loi stipule notamment une obligation claire de conseil et de préparation des dossiers de crédit, ainsi que la signature d’un contrat entre les parties engagées dans le crédit à la consommation, le consommateur et le prêteur. Actuellement, seuls les crédits à la consommation à plus de 90 jours sont soumis à cette réglementation.

Les distributeurs BPNL et leurs filiales bancaires contournent ces obligations en proposant des conditions de crédit inférieures à 90 jours et des frais faibles, voire inexistants. Si l’avance de fonds est supérieure à 200 € et la durée d’emprunt au-delà de 3 mois, alors le BNPL constitue un crédit à la consommation, assujetti à la loi Lagarde de 2010.

Cette loi, très contraignante, impose de fournir des informations claires (coût total du crédit, taux, durée, etc.), de vérifier la solvabilité de l’emprunteur, de consulter le fichier national des incidents de remboursement des crédits (FICP) et d’offrir un délai de rétractation de 14 jours. De quoi faire fuir les consommateurs …

Néanmoins, il existe aussi quelques désavantages à ce moyen de paiement.

Inconvénients : 

Pour le consommateur, c’est :

Pour l’entreprise BNPL, c’est :

Qui se cache derrière ce moyen de paiement ?

Le mot Fintech désigne des startups qui utilisent des technologies numériques innovantes pour repenser un modèle d’affaire lié aux services financiers.

Fondamentalement, l’objectif des développeurs de Fintech est de rendre les services financiers plus simples, plus efficaces, plus accessibles et moins chers. Les avantages par rapport aux banques « ordinaires » sont une culture de start-up, un manque d’infrastructures technologiques héritée, des modèles de financement non bancaires, un groupe de licences au niveau de l’État ainsi que des partenariats avec des banques traditionnelles pour des solutions innovantes.

Bien que ces avantages à long terme aient profité au secteur des services financiers fintech, les chartes bancaires présentent encore de nombreux avantages.

L’évolution du Buy Now, Pay later

Apparu dans le commerce hexagonal en 2010, les paiements fractionnés et les paiements différés ont incontestablement profité de l’essor du commerce en ligne pendant la pandémie.

Selon un sondage OpinionWay pour Floa Bank, 31% des consommateurs français ont effectué des achats en paiement fractionné au cours des 12 derniers mois, soit 6 points de plus qu’à la même période, entre 2019 et 2020. 25% des consommateurs ont choisi les paiements différés, en ligne ou dans les commerces.

Toujours selon la même enquête, près de 2 Français sur 3 utilisent ce mode de paiement pour des paiements inférieurs à 500 euros.

Les principaux utilisateurs du système BNPL sont les jeunes, les millenials et la génération Z qui n’utilisent pas les modes de financement traditionnels, car ils préfèrent ne pas devoir d’argent aux banques et aux institutions financières. Sia Partners et Algoan, dans leur livre blanc, prédisent qu’en 2025, le BNPL représentera 12% des dépenses e-commerce en Europe, soit plus de 295 milliards d’euros.

BNPL enregistre un taux de croissance annuel impressionnant de 36,2% de revenus, se préparant à atteindre 15 470 millions USD d’ici 2026.

Les clients ont tendance à acheter plus et à augmenter le prix moyen du panier. Selon une étude menée par Cardify.ai, on estime que 49% des utilisateurs utilisent les services BNPL 10 à 40% de plus que les cartes de crédit.

L’inquiétude du surendettement

Les autorités craignent pourtant un surendettement progressif des ménages optant pour ces solutions de paiement. En effet, les paiements fractionnés sont cumulables, sans vérification de solvabilité. De plus, même si les frais sont inexistants ou très faibles, des pénalités peuvent s’ajouter en cas de non-respect des échéances. Citizens Advice a constaté qu’aucune des caisses BNPL sur les sites Web des principaux détaillants n’avertissait les gens qu’ils pouvaient être référés à des agents de recouvrement pour les paiements manqués.

Durant les cinq premiers mois de l’année 2021, la Banque de France a enregistré près de 55 000 dossiers de surendettements, soit 37 % de plus que l’année précédente. La France, comme l’Union européenne, envisagent une évolution de la réglementation dans les prochaines années, sur la base de la révision de la directive sur le crédit à la consommation. La tendance à l’open banking (partage d’informations entre les entreprises financières et les autres entreprises) pourrait alors être une façon de mettre des garde-fous, avec une vérification plus poussée de l’historique bancaire du client avant validation de son dossier.

Ce que l’on doit retenir de ce moyen de paiement

Cette forme d’innovation FinTech est la facilité d’achat immédiat, et permet aux consommateurs ayant une faible capacité d’achat d’effectuer des achats petits ou importants auprès de leurs détaillants préférés avec des options de versement à 0 % ou tempérament d’intérêt subventionné.

Cela conduit aussi à une augmentation des revenus des commerçants en peu de temps, car ils ne sont pas affectés par les retards de paiement et les acomptes de la société BNPL.

L’industrie vaut actuellement 97 milliards de dollars et, avec l’essor des achats en ligne, ainsi que les impacts de la pandémie de coronavirus, elle ne devrait que se développer davantage.

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